Veille choisie · futurs désirables

Nouvelles du
prochain monde

Pas tout ce qui fait du bruit. Seulement ce qui ouvre une fenêtre.

Une collection subjective de projets, d’idées et de gestes qui réparent un petit morceau de réalité — ou nous aident au moins à mieux l’imaginer.

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IAÉcologieBiodiversitéAgriculture durable

Google finance 16 projets où l’IA doit servir la planète plutôt que produire une autre photo de chat astronaute

Cubes cristallins irisés entremêlés de végétation, illustration de l’intelligence artificielle appliquée aux enjeux environnementaux.
IA, données et vivant dans le même écosystème visuel. Source : Google.

Google DeepMind a annoncé le 7 septembre les 16 lauréats de son premier accélérateur « AI for the Planet » en Asie-Pacifique. Pendant trois mois, startups, associations et équipes de recherche vont recevoir un accompagnement technique et un accès aux modèles de Google pour des projets consacrés notamment à la biodiversité, à l’agriculture durable et aux solutions carbone.

Pourquoi ça compte

Le signal intéressant n’est pas « IA + écologie », étiquette qu’on peut coller sur à peu près n’importe quel PowerPoint possédant une feuille verte. Ce sont les usages où l’IA devient une couche d’observation d’un système vivant : détecter des changements écologiques, mieux piloter l’eau ou les cultures, transformer des données dispersées en décisions locales.

À surveiller néanmoins avec notre petit casque red-team réglementaire : si le calcul nécessaire au modèle coûte davantage de ressources que ce qu’il permet réellement d’économiser, nous aurons simplement inventé l’arrosoir connecté le plus compliqué de l’histoire.

Découvrir les 16 projets sélectionnés par Google
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BelgiqueLimites planétairesGouvernanceRésilience

La Belgique expérimente un poste assez solarpunk : « Chief Planetary Officer »

Présentation du CERAC consacrée à la résilience climatique et environnementale en Belgique et en Europe.Luc Bas présente les travaux du CERAC sur les risques climatiques et environnementaux.Schéma en français des neuf limites planétaires et de leur niveau de dépassement.
Le CERAC tente de relier les limites planétaires aux décisions publiques belges — du diagnostic scientifique jusqu’aux arbitrages concrets.

Une analyse publiée par Reuters le 2 septembre remet en lumière une initiative belge passée assez discrètement sous le radar : Luc Bas, directeur du CERAC, est devenu le premier Chief Planetary Officer belge, dans un réseau international lancé en juin autour des travaux de Johan Rockström sur les limites planétaires. Sa mission est de traduire climat, biodiversité, eau, pollution et autres risques systémiques en informations utilisables jusque dans les décisions économiques, budgétaires et de sécurité.

Pourquoi ça compte

Ce qui est intéressant est précisément le changement d’échelle : on ne traite plus sécheresse, inondations, agriculture, énergie et biodiversité comme cinq dossiers rangés dans cinq armoires administratives différentes. Le principe est de regarder le système Terre et ses interactions, puis de redescendre vers les politiques nationales et locales.

Après les incendies et sécheresses de cet été, ce poste va avoir un excellent test grandeur nature : démontrer qu’il peut influencer les arbitrages réels, pas simplement produire de très beaux PDF contenant des flèches rouges.

Lire la tribune de Luc Bas sur Reuters
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Science-fictionCinémaSolarpunkImaginaires

Ridley Scott revient à la SF post-apocalyptique… mais refuse le nihilisme

Hig, interprété par Jacob Elordi, assis dans l’herbe avec son chien près d’un aérodrome abandonné.Affiche française de The Dog Stars montrant Hig et son chien devant une ville en ruines.Affiche de The Dog Stars montrant un avion dans un ciel étoilé au-dessus d’une maison isolée.
The Dog Stars transforme la survie en point de départ : la question n’est plus seulement qui reste, mais ce qui peut encore relier les survivants.

The Dog Stars, adaptation par Ridley Scott du roman de Peter Heller, sort mondialement à partir du 26 août. L’histoire suit Hig, survivant d’une pandémie installé dans un aéroport abandonné avec son chien et un autre rescapé. Mais le détail qui m’intéresse davantage que « Ridley Scott + apocalypse » est son choix assumé : l’optimisme est au cœur du film. Scott dit avoir voulu éviter une nouvelle déclinaison de l’apocalypse-zombies et centrer l’histoire sur la possibilité de reconstruire des relations humaines.

Pourquoi ça compte

C’est un petit signal culturel intéressant : après deux décennies de dystopies où l’avenir était essentiellement composé de boue, de fascistes et de gens possédant étonnamment beaucoup de vestes en cuir, la SF recommence à explorer ce qui mérite d’être reconstruit après la catastrophe.

Et ça, c’est précisément le territoire intellectuel où le solarpunk devient intéressant : pas « tout ira bien », mais « très bien, ça va mal : qu’est-ce qu’on construit maintenant ? »

Interview et présentation du film par Reuters
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Agriculture régénérativeClimatRésiliencePermaculture

L’agriculture régénérative commence à intéresser… les assureurs et les banques

Des bovins pâturent dans une prairie riche en espèces végétales.Un troupeau pâture dans une prairie arborée.
Des prairies plus diverses pour des exploitations plus résistantes aux extrêmes climatiques.

Face aux canicules et sécheresses européennes de 2026, l’agriculture régénérative change progressivement de catégorie : de pratique agricole alternative, elle devient un outil de gestion du risque économique. Reuters rapporte que banques, assureurs et industriels agroalimentaires commencent à financer ou encourager des systèmes reposant sur des pâtures multiespèces, des sols continuellement couverts et une moindre dépendance aux intrants. Les pertes agricoles liées aux événements extrêmes atteindraient déjà environ 2,3 milliards d’euros cette année dans l’UE et au Royaume-Uni.

Pourquoi ça compte

Le moteur du changement n’est plus uniquement écologique : un sol vivant commence à avoir une valeur financière mesurable parce qu’il rend une exploitation moins vulnérable. Et lorsqu’un assureur découvre qu’une prairie avec douze espèces survit mieux qu’une monoculture, les choses peuvent évoluer beaucoup plus vite qu’après cinquante colloques intitulés « Vers une agriculture durable : enjeux et perspectives ».

Pour la permaculture, c’est un signal de normalisation assez énorme : beaucoup de ses principes — diversité, couverture permanente, cycles locaux, rétention d’eau — migrent vers l’agriculture conventionnelle sans nécessairement porter l’étiquette « permaculture-bobo-écolo ».

Lire l’enquête de Reuters